La médiation et les dispositifs

MERZEAU, Louise. Pensér la médiation. In: SPOIDEN, Stéphane. Régis Debray et la médiologie. Amsterdan/New York: Éditions Rodopi, 2007.

” La démarche médiologique est une pratique de l’enjambement. Étude de l’environnementm de l’intermédiation et de la transmission, elle récuse la coupure entre matière et esprit, pour insister sur l’irréductibilité des entre-deux. Elle rejoint en ce sens toute une penssée de la relation, que va de la sociologie des sciences à l’anthropologie cognitive en passant par les sciences de la communication. (…) Le sujet n’est plus le siège exclusif de l’action, mais un acteur qui partage ses attibuts avec des objets, des outils, des programmes.”

“L’individualisation de l’espace public – passage de la masse à un hyper-sujet – et le double impératif de normalisation et de personnalisation de l’information remettent en question la fonction même de médiation. “

” Se démarquant des approches instrumentales, où le medium est considéré comme ce qui s’interpose entre les sujets, il cherche à dégager les effets d’une causalité circulaire entre dispositifs et dispositions. (…) C’est sous cet angle que le travail de médiation se donne à voir pour ce qu’il est: un processus initerrompu de maintance, où l’évolution technique se négocie comme équilibre de gains et de pertes, également structurants pour la communauté.”

“Elle incite à créditer tantôt les acteurs, tantôt les dispositifs, d’une efficacité horizontale qui s’exercerait au coup para coup, dans le temps court de la communication. Or les médiations dispositives impliquent bien d’autres procédures, à lá fois matérielles et culturelles, dans le temps long de la trasmission. Pour l’apprécier, encore faut-il s’efforcer de circonscrire cette fonction – médio. Si elle n’est pas réductible au transport ou à la traduction d’une information, elle n’est en effet pas pour autant applicable à tout artefact social ou technique.”

“Pour qu’un support, un organisme ou une machine puissent être considérés pleinement comme des médiations, il ne suffit pas qu’ils aient un impact social ou une utilité d’identifier comme des fonctions d’inscription, d’organisation, de régulation et d’anticipation.”

” Plus qu’un système de signes, une médiation est un système de traces, qui informent l’espace et le temps avant d’articuler un sens. Les discours ne sont eux-mêmes opérants que par cette mise en ouvre d’objets disposés selon un arrangement efficace. (…) Dans tous ces dispositifs, le collectif se structure et prend corps sutor d’une certaine régularité territoriale et calendaire, inscrite dans des traces matérielles: asphalte, arche, autel, terrain de jeu, salle de classe…”

” Gestion des parcours et des priorités, distirbution des privilèges et des interdits, affectation des rôles et des hiérarchies: l’économie des traces est aussi une économie des statuts et des valeurs. (…) C’est que toute véritable médiation est en même temps technique et institutionnelle. (…) Reforçant l’autorité de leur émetteur, ou disqualifiant un parti opposé, les inscription entrent donc dans un jeu d’alliances et d’adversités qui confère à toute médiation une dimension potentiellement polémique.”

“Parce qu’ils affectent la cohésion du collectif, les corps conducteurs ne font pas seulement passer des informations: ils ont aussi un rôle de régulation, par où l’équilibre sociotechnique se renégocie en permanence. C’est cette fonction d’arbitrage que le recours à la notion de médiatisation tend trop souvent à dissimuler, en focalisant l’attention sur la seule puissance de diffusion.”

“Parce qu’ils transcendent les contigences individuelles d’énonciation, suppports et instituitions apportent au jeu des oppositions la garantie d’un cadre, d’une permanence et d’une règle où s’exercer. (…) Les dispositifs peuvent de fait Être interprétés comme les agents indispensables à la production de familiarité, de vraisemblance et d’unité propes à (ré)enchanter le monde qui nous entoure. (…) La régulation consiste alors en un accommodement réciproque de la conscience avec ses outils, où le rapport à l’autre trouve sa condition de possibilité. C’est par cet art de faire avec que l’espace médiationnel permet d’équilibrer tactiques et stratégies, arbitrages institutionnels et branconnages inventifs. Si les médiations servent à ces ajustements, elles ne s’épuisent pas dans le présent d’un bricolage environnemental.”

“(…) écrire, c’est toujours raturer, parce que la sélection des items à retenir appelle elle-même une technique d’effacement ou de recouvrement des traces.”

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